Droits de douane américains : ce que l’incertitude change pour les PME suisses et leur transmission
L'essentiel à retenir
- Le 20 février 2026, la Cour suprême américaine a jugé illégale une grande partie des droits de douane imposés par Donald Trump.
- En riposte, le président américain a relevé la taxe mondiale à 15%, un taux qui s’appliquait déjà à la Suisse depuis novembre 2025.
- Près de 2 milliards de dollars de droits de douane ont été prélevés sur les marchandises suisses entre avril et novembre 2025.
- Plusieurs entreprises suisses, dont Swatch et Breitling, réclament des remboursements rétroactifs.
- Le SECO poursuit les négociations en vue d’un accord commercial contraignant avec les États-Unis.
- Pour les dirigeants de PME qui préparent leur transmission, cette instabilité pèse sur les valorisations et complique le calendrier des opérations.
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Retour sur une année de turbulences douanières
En avril 2025, les États-Unis ont commencé à imposer des surtaxes douanières sur les marchandises en provenance de Suisse. Le taux a rapidement grimpé jusqu’à 39% à partir d’août 2025, le plus élevé appliqué à un pays européen. Après des négociations menées en partie par des chefs d’entreprise suisses directement auprès de la Maison Blanche, un accord provisoire a permis de ramener ce taux à 15% en novembre 2025.
Mais le 20 février 2026, la Cour suprême américaine a jugé que Donald Trump avait outrepassé ses pouvoirs en utilisant une loi de 1977 pour justifier ces droits de douane. Le président américain a qualifié cette décision de « ridicule » et a immédiatement relevé la taxe mondiale de 10% à 15%, rétablissant de fait le niveau précédemment négocié pour la Suisse.
Un flou juridique qui complique la planification
Pour les PME suisses exportatrices, la situation reste difficile à lire. Le taux de 15% semble maintenu, mais sa base juridique est fragile. Comme l’a résumé le directeur général de Nestlé dans la presse : si les taux changent tous les trimestres, la planification des chaînes d’approvisionnement devient impossible.
Les changements fréquents de politique commerciale américaine créent un climat d’attentisme. Samuel Vuadens, président du Groupement suisse de l’Industrie des machines, a décrit la situation comme celle d’une cordée en montagne prise dans un orage. Les clients hésitent à passer commande, dans l’espoir d’un meilleur taux demain.
Du côté des autorités suisses, le SECO continue de négocier en vue d’un accord juridiquement contraignant qui sécuriserait les conditions commerciales à long terme. Le Conseil fédéral maintient sa ligne et ne modifie pas son mandat de négociation.
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Des remboursements réclamés par les entreprises
Près de 2 milliards de dollars de droits de douane ont été prélevés sur les exportations suisses entre avril et novembre 2025. Depuis l’invalidation partielle par la Cour suprême, plusieurs grandes entreprises ont engagé des démarches pour récupérer les sommes versées.
La filiale américaine de Swatch a annoncé qu’elle demanderait un remboursement rétroactif des surtaxes payées. Le chocolatier Läderach et l’horloger Breitling examinent aussi cette possibilité. Pour les PME de taille plus modeste, la démarche est souvent plus complexe : le travail administratif nécessaire pour récupérer les montants peut dépasser le gain potentiel.
Ce que cela signifie pour les cédants en Suisse romande
Pour un dirigeant de PME qui envisage de transmettre son entreprise dans les prochaines années, ce contexte n’est pas neutre. L’incertitude sur les conditions d’exportation affecte directement la valorisation d’une entreprise tournée vers l’international.
Un repreneur potentiel intégrera ce risque dans son analyse. La dépendance au marché américain, la capacité à absorber les surtaxes ou à diversifier les débouchés, la solidité des marges face aux fluctuations : autant d’éléments qui influencent le prix et les conditions de la cession.
Pour les PME orientées vers le marché intérieur, l’impact est indirect mais réel. Le ralentissement de la conjoncture européenne, lui-même accentué par les tensions commerciales, peut peser sur la demande et la confiance des acquéreurs.
Dans ce contexte, bien préparer son dossier de cession et documenter la résilience de son entreprise face aux chocs externes devient un atout concret pour obtenir une valorisation juste.
Source : RTS Info
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