Transmission d’entreprise en Suisse : le modèle familial recule
L'essentiel à retenir
- En Suisse, un peu plus de la moitié des 607 820 PME sont encore en mains familiales, mais ce modèle s’effrite.
- La thématique de la succession occupe désormais deux fois plus de place dans la vie des entrepreneurs qu’il y a dix ans.
- Les enfants d’entrepreneurs ne se sentent plus obligés de reprendre l’affaire familiale et s’autorisent de plus en plus à choisir leur propre voie.
- Selon une étude PwC, 47% des entreprises familiales n’ont encore aucun plan de succession formalisé.
- Une PME sur trois en Suisse disparaît faute de repreneur, selon le Portail PME de la Confédération.
- Se faire accompagner par des professionnels et anticiper le processus de transmission restent les meilleurs leviers pour réussir, que la transmission se fasse en famille ou non.
Relève PME est une association suisse à but non lucratif visant à faciliter et favoriser la transmission des PME. Elle offre des informations, des conseils et un soutien neutre aux chefs d’entreprise, pour les aider à faire face aux défis liés à la transmission d’entreprise et faciliter les échanges entre cédants et repreneurs. Grâce à son expérience et à son réseau, vos chances de succès sont maximisées.
Notre mission: Faire réussir les cessions et les reprises d’entreprises.
Un modèle familial en perte de vitesse
En Suisse, le tissu économique repose à 99% sur les PME. L’OFS recense 607 820 entreprises de moins de 250 employés, qui assurent plus de 3 millions d’emplois. Un peu plus de la moitié de ces PME sont encore en mains familiales. Mais ce modèle recule.
La question de la succession occupe aujourd’hui deux fois plus de place dans la vie des entrepreneurs qu’il y a dix ans. L’évolution démographique accélère le phénomène : le départ massif de la génération des baby-boomers va renforcer la pression sur les transmissions dans les années à venir.
Les enfants ne reprennent plus par obligation
C’est l’un des changements les plus marquants de ces dernières années. Les enfants d’entrepreneurs ne se sentent plus obligés de reprendre l’affaire familiale. Ils s’autorisent à forger leur propre parcours professionnel, et parfois ce sont les parents eux-mêmes qui les y encouragent, ayant vécu les difficultés liées à la gestion d’une entreprise.
Ce changement de mentalité a des conséquences directes. Les cédants ne peuvent plus compter uniquement sur la relève familiale. Ils doivent envisager d’autres options : reprise par des cadres internes (Management Buy-Out), vente à un acquéreur externe (Management Buy-In), ou encore reprise par un investisseur.
47% des entreprises familiales sans plan de succession
Selon une étude PwC consacrée aux entreprises familiales, 47% d’entre elles n’ont encore aucun plan de succession formalisé. Un chiffre préoccupant quand on sait que la transmission est souvent un processus long, qui nécessite plusieurs années de préparation.
Les spécialistes de l’accompagnement constatent régulièrement que le processus de transmission n’a pas été assez anticipé. Le sujet reste tabou dans beaucoup d’entreprises, ou bien ce sont les événements de la vie (maladie, accident, lassitude) qui précipitent une échéance redoutée. Les aspects émotionnels viennent compliquer la donne : pour celui qui a investi son énergie, son coeur et parfois ses économies dans son entreprise, en confier les clés à un tiers n’a rien d’anodin.
Préparez votre transmission dès aujourd'hui
Le modèle familial n’est plus la seule voie. De plus en plus de transmissions se font avec des repreneurs externes, et les résultats sont au rendez-vous. Relève PME vous propose une plateforme innovante pour vous mettre en relation avec les bonnes personnes, selon vos critères de recherche, mais aussi pour vous accompagner durant les 7 étapes de la transmission et de la reprise avec des conseils d’experts.
Se faire accompagner pour sécuriser la transmission
Lors d’une séance d’information organisée à la FER Genève, l’avocat Hubert Gilliéron, spécialiste de la transmission d’entreprise, a insisté sur la nécessité de se faire conseiller par des professionnels maîtrisant les implications financières, fiscales, commerciales et juridiques. Cette démarche a un coût, mais elle permet de minimiser les risques et d’identifier des opportunités.
Le processus de vérification (due diligence) est une étape clé. L’acquéreur examinera l’entreprise en profondeur : documents financiers, contrats, données opérationnelles, aspects réglementaires et fiscaux. Le cédant doit être en mesure de fournir une photographie complète et actualisée de la situation.
La protection des données sensibles pendant ce processus est tout aussi importante. Un accord de confidentialité (NDA) permet d’encadrer les échanges et de prévenir toute fuite d’information.
Il ne faut pas non plus oublier que d’autres parties sont concernées par la transmission : les employés, les clients, les fournisseurs, les partenaires. Cette ramification renforce le besoin de planification et de communication, en particulier lorsque le dirigeant possède une personnalité qui a largement contribué au succès de l’entreprise.
Anticiper reste le meilleur levier
Que la transmission se fasse en famille, par un rachat interne ou par une vente à un tiers, le facteur clé reste l’anticipation. Les experts recommandent de commencer à planifier 5 ans avant la date cible de cession. Cela laisse le temps de structurer l’entreprise, de préparer un dossier solide et de trouver le bon repreneur.
Source : Entreprise Romande
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